Le déficit qui ne dort jamais

Il y a un chiffre qui devrait être affiché dans chaque bureau de gestion des ressources matérielles au Québec : 9,6 milliards de dollars.

C’est le montant du déficit de maintien des actifs immobiliers du réseau scolaire québécois en 2025-2026. Un chiffre qui a bondi de 13,7 % en une seule année. Pour mettre les choses en perspective, le déficit global de maintien des actifs publics du Québec est passé de 37,1 à 40,2 milliards de dollars — et le réseau scolaire en porte une part disproportionnée. (Ordre des ingénieurs du Québec, budget 2025-2026)

Ce n’est pas un problème abstrait. C’est un corridor dont le plafond coule. C’est une salle de bain dont la ventilation ne fonctionne plus depuis deux ans. C’est un gymnase où les joints de plancher se décollent. Derrière chaque dollar de ce déficit, il y a un bâtiment réel, fréquenté chaque jour par des enfants et des adultes qui méritent un environnement sain et fonctionnel.

Et pendant que le déficit grandit, les budgets d’entretien, eux, rétrécissent. En 2024, 400 millions de dollars ont été retranchés des enveloppes destinées à l’entretien des écoles du Québec. L’Ordre des ingénieurs du Québec a publié un rapport en janvier 2026 intitulé « Agir maintenant pour éviter la f(r)acture de demain », plaidant pour un virage vers l’entretien préventif plutôt que correctif.

Mais comment faire du préventif quand les ressources manquent ?

💡 À retenir

Le déficit de maintien des actifs scolaires québécois dépasse 9,6 milliards de dollars en 2025-2026 — en hausse de 13,7 % en un an — pendant que les enveloppes d’entretien ont été amputées de 400 M$. Le préventif n’est plus un luxe : c’est la seule sortie viable.


Le déficit d’entretien des écoles québécoises

53 % des bâtiments scolaires en mauvais état : le portrait réel

Le chiffre de 53 % revient constamment dans les évaluations du parc immobilier scolaire québécois. Plus d’un bâtiment sur deux est classé en mauvais état. C’est une amélioration par rapport aux 61 % d’il y a quelques années, mais le progrès est lent — et surtout, il masque une réalité plus nuancée.

La pression sur les gestionnaires d’entretien est double. D’un côté, les exigences sanitaires post-pandémie ont relevé la barre de ce qui constitue un entretien acceptable. De l’autre, la rotation du personnel dépasse 30 % dans le secteur de l’entretien institutionnel au Québec, ce qui signifie que les équipes changent constamment et que le transfert de connaissances est un défi permanent.

Un centre de services scolaire moyen gère entre 40 et 80 bâtiments simultanément. Chacun de ces bâtiments possède ses propres contraintes : superficies variables, types de revêtements différents, horaires d’occupation distincts, équipements spécifiques. Quand la planification de l’entretien repose sur des feuilles de calcul, des notes manuscrites ou la mémoire d’un contremaître qui approche de la retraite, chaque départ crée un vide opérationnel.

Le Québec compte 72 centres de services scolaires. Chacun fait face à cette même équation : plus de bâtiments à entretenir, moins de budget pour le faire, et des équipes qui tournent plus vite que jamais. La question n’est plus de savoir s’il faut changer d’approche — c’est de savoir comment.

 

Le déficit d’entretien des écoles québécoises

La planification des routes de travail : l’angle mort des gestionnaires

Quand on parle d’optimisation en entretien, la conversation tourne souvent autour des produits, des équipements ou de la formation du personnel. Rarement autour de la planification des routes de travail — c’est-à-dire l’ordre et le parcours selon lesquels les équipes d’entretien passent d’un local à l’autre dans un bâtiment.

C’est pourtant là que se cachent certaines des plus grandes inefficacités.

Un bâtiment scolaire typique au Québec comprend plus de 150 locaux à entretenir quotidiennement. Quand les routes de travail sont planifiées manuellement — ou pire, quand elles ne sont pas planifiées du tout et que chaque concierge improvise son parcours — les déplacements inutiles s’accumulent. Un aller-retour de trop entre deux ailes du bâtiment, multiplié par chaque membre de l’équipe, multiplié par chaque journée de travail, multiplié par 200 jours scolaires par an : ça représente des centaines d’heures perdues.

Les données montrent que les routes de travail optimisées réduisent le temps de déplacement de 15 à 25 %. Sur un seul bâtiment, l’impact est déjà mesurable. Sur un parc de 40, 60 ou 80 bâtiments, c’est un levier budgétaire majeur — sans ajouter un seul poste, sans acheter un seul équipement supplémentaire.

La recherche opérationnelle, qui consiste à utiliser les données pour optimiser les parcours et les allocations de ressources, est utilisée depuis des décennies dans la logistique et le transport. Son application à l’entretien des bâtiments institutionnels est plus récente, mais les résultats sont sans équivoque : planifier mieux permet de faire plus avec les mêmes ressources.

🎯 Conseil pro

Des routes de travail optimisées peuvent réduire les déplacements inutiles de 15 à 25 %. Sur un parc de 60 bâtiments, cette seule amélioration représente un levier budgétaire concret — sans embauche, sans achat d’équipement. HYSA module les allocations de ressources pour refléter au mieux les fluctuations de la charge de travail.


Le déficit d’entretien des écoles québécoises


Le virage numérique des centres de services scolaires

Le gouvernement du Québec a clairement signalé sa direction. L’initiative d’intelligence numérique en éducation vise à permettre aux centres de services scolaires de prendre des décisions basées sur les données — pas seulement pour la pédagogie, mais aussi pour la gestion opérationnelle de leurs infrastructures.

En février 2026, la nouvelle politique de souveraineté numérique du Québec a ajouté une couche supplémentaire : les données publiques doivent être hébergées localement, dans le Nuage gouvernemental du Québec. Cette politique favorise explicitement les solutions technologiques développées et hébergées au Québec — un signal clair pour les CSS qui cherchent à moderniser leurs opérations tout en respectant les nouvelles exigences gouvernementales.

Ce virage numérique n’est pas optionnel. Les CSS qui n’adoptent pas d’outils de gestion basés sur les données risquent de se retrouver encore plus en difficulté face à des budgets en baisse et des bâtiments vieillissants. La donnée n’est pas un luxe technologique — c’est le seul moyen de transformer un déficit de 9,6 milliards de dollars en un plan d’action concret.

Concrètement, la gestion numérique des opérations d’entretien permet de centraliser les plans d’étage de tous les bâtiments, d’optimiser les routes de travail pour chaque équipe, de suivre en temps réel l’avancement des tâches, de générer des rapports de conformité pour les audits, et de faciliter l’intégration des nouveaux employés — même quand le taux de rotation est élevé.



Le déficit d’entretien des écoles québécoises

Du correctif au préventif : le vrai changement de paradigme

L’Ordre des ingénieurs du Québec l’a dit clairement : le correctif coûte toujours plus cher que le préventif. Réparer un plancher qui a été endommagé par un dégât d’eau non détecté coûte dix fois plus que de maintenir un programme d’inspection régulier. Remplacer un système de ventilation qui a fonctionné au-delà de sa durée de vie utile coûte cinq fois plus qu’un entretien préventif rigoureux.

Mais comment passer au préventif quand les gestionnaires consacrent jusqu’à 40 % de leur temps à la planification manuelle ? Quand les routes de travail changent chaque fois qu’un employé est absent ? Quand les données d’entretien sont dispersées entre des feuilles de calcul, des courriels et des carnets de notes ?

Le passage au préventif commence par la donnée. Savoir exactement combien de temps chaque local nécessite. Connaître les fréquences d’entretien optimales pour chaque type de surface. Identifier les bâtiments qui consomment le plus de ressources par rapport à leur superficie. Ces informations existent dans la plupart des CSS — elles sont simplement enfouies dans des processus manuels qui ne permettent pas de les exploiter.

La planification numérique des routes de travail est souvent le premier pas vers ce virage préventif. Non pas parce que c’est la solution à tout, mais parce que c’est le geste qui libère du temps — le temps que les gestionnaires peuvent ensuite réinvestir dans la planification stratégique, les audits de conformité et la formation des équipes.

💡 À retenir

Le passage du correctif au préventif commence par les données. HYSA centralise en temps réel les fréquences d’entretien, les temps standards par local et les routes de travail — transformant des informations éparpillées dans des fichiers Excel en un plan d’action opérationnel. Ces exigences réglementaires sont bien maîtrisées chez Mikadoweb et incorporées de facto dans HYSA.

Le déficit d’entretien des écoles québécoises

Les directions d’écoles : les alliés oubliés de l’entretien

Il y a un acteur dans cette équation qu’on oublie souvent : la direction d’école. Les directrices et directeurs d’établissement sont en première ligne de la qualité de l’environnement scolaire. Ce sont eux qui reçoivent les plaintes des parents quand une salle de bain n’est pas propre. Ce sont eux qui doivent justifier l’état de leur gymnase lors d’une soirée portes ouvertes. Ce sont eux qui signalent les problèmes d’insalubrité au CSS.

La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), qui représente environ 2 400 membres, dénonce depuis des mois l’accumulation de responsabilités sans les ressources correspondantes. En 2025, six associations de gestionnaires scolaires ont lancé la campagne « C’est inacceptable » pour dénoncer la situation.

Quand une direction d’école dispose d’un outil qui lui permet de voir en temps réel l’état de l’entretien de son bâtiment — quels locaux ont été nettoyés, lesquels sont en attente, quelles routes de travail sont en cours — la communication avec le CSS devient plus fluide et les problèmes sont détectés plus rapidement.

Les directions d’écoles ne sont pas des gestionnaires d’entretien. Mais elles sont les mieux placées pour constater la qualité du travail au quotidien. Leur donner accès à des données claires et à jour, c’est transformer un maillon réactif en un partenaire proactif.

Le déficit d’entretien des écoles québécoises

Comment commencer : 3 gestes concrets cette semaine

Peu importe où vous en êtes dans votre transition numérique, voici trois gestes que vous pouvez poser cette semaine pour améliorer la planification de l’entretien dans vos bâtiments.

Premier geste : l’audit de vos routes actuelles. Prenez le bâtiment le plus achalandé de votre parc. Ouvrez son plan d’étage. Identifiez les 5 locaux qui demandent le plus de temps d’entretien chaque semaine — les salles de bain, le gymnase, la cafétéria, les entrées principales, les laboratoires. Tracez un circuit logique qui passe par ces 5 locaux en minimisant les allers-retours. Comparez ce circuit avec la route actuelle de votre équipe. Les croisements inutiles deviennent immédiatement visibles.

Deuxième geste : la mesure du temps. Pendant une semaine, demandez à une équipe de noter le temps passé dans chaque local et le temps de déplacement entre les locaux. Ces données brutes révèlent souvent que 20 à 30 % du temps est consacré aux déplacements — un pourcentage qui peut être réduit significativement avec une meilleure planification.

Troisième geste : la cartographie de vos contraintes. Chaque bâtiment a ses propres contraintes : des locaux qui ne sont accessibles qu’à certaines heures, des surfaces qui nécessitent des temps de séchage, des zones à haute fréquentation qui doivent être nettoyées en priorité. Documenter ces contraintes, même sur un simple tableau, est la première étape pour passer d’une planification réactive à une planification structurée.

Ces trois gestes ne nécessitent aucun logiciel, aucun investissement. Ils nécessitent du temps — le temps que vous gagnez en optimisant vos routes.


Le déficit d’entretien des écoles québécoises

Le printemps budgétaire approche

Dans le cycle budgétaire des centres de services scolaires, la période de mai à juillet est cruciale. C’est le moment où les enveloppes sont négociées, les priorités sont définies et les investissements sont planifiés pour l’année scolaire suivante.

Arriver à cette table avec des données concrètes — combien d’heures sont consacrées aux déplacements inutiles, combien de temps pourrait être récupéré avec des routes optimisées, quel est le coût réel de la planification manuelle — c’est la différence entre demander un budget et justifier un investissement.

Le déficit de 9,6 milliards de dollars ne se résorbera pas en un an. Mais chaque CSS qui optimise ses opérations d’entretien, qui passe du correctif au préventif, qui utilise les données pour planifier plutôt que pour réagir, contribue à ralentir la croissance de ce déficit.

Le printemps approche. Et avec lui, la saison de planification des budgets. La question n’est plus de savoir si les CSS doivent moderniser leur gestion de l’entretien — c’est de savoir lesquels le feront avant les autres.


Optimiser vos opérations d'entretien

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le déficit de maintien des actifs des écoles du Québec ?

Le déficit de maintien des actifs correspond à l’écart entre les investissements nécessaires pour maintenir les bâtiments scolaires en bon état et les sommes réellement investies. Au Québec, ce déficit dépasse 9,6 milliards de dollars pour le réseau scolaire, selon les données du budget 2025-2026. Une solution logicielle dédiée comme HYSA permet aux centres de services scolaires d’optimiser leurs ressources existantes et de prioriser les interventions les plus critiques.

Comment la planification des routes de travail améliore-t-elle l’entretien scolaire ?

La planification des routes de travail consiste à optimiser l’ordre et le parcours selon lesquels les équipes d’entretien passent d’un local à l’autre. En éliminant les déplacements inutiles, cette approche permet de réduire le temps de déplacement de 15 à 25 % et de consacrer plus de temps au nettoyage effectif des locaux. HYSA module les allocations de ressources pour refléter au mieux les fluctuations de la charge de travail — notamment lors des absences du personnel ou des variations d’occupation des bâtiments.

Combien de bâtiments un centre de services scolaire gère-t-il en moyenne ?

Un CSS moyen au Québec gère entre 40 et 80 bâtiments, incluant des écoles primaires, secondaires, des centres de formation et des bâtiments administratifs. Chacun possède ses propres contraintes d’entretien. Une solution comme HYSA permet de centraliser la gestion de l’ensemble de ce parc immobilier sur une seule plateforme, avec des routes de travail adaptées aux réalités de chaque établissement. Visitez hysa.net pour en savoir plus.